Tu n’es pas parfaite

Etre maman, m’apprend chaque jour un peu plus d’humilité. Et cette semaine en tête-à-tête avec Romy m’aura emplie de fierté et de tendresse, chaque fois que je l’ai vue s’élancer chancelante, et revenir à moi, le visage contrarié de ne pas avoir encore dépassé sa prudence. Elle m’aura demandé beaucoup d’attention, bien plus que dans notre quotidien réglé comme du papier à musique. Et j’ai senti parfois les regards interrogatifs.

Peut-être devrais-tu lâcher sa main, ne pas répondre à toutes ses sollicitations ?

As-tu pensé à l’encourager à plus d’autonomie ? Avec un espace à elle, où la poser le temps que tu fasses ce que tu as à faire ?

Tu pourrais alors lui consacrer des moments que tu choisis, et elle gagnerait à s’occuper par elle-même.

Je ne réponds pas souvent aux mille conseils qui pleuvent sur nos épaules de jeunes mamans. Peut-être n’ai-je pas envie d’entrer dans un discours de justification, sans doute ai-je aussi trop conscience que tout cela part de belles intentions et de bienveillance. Alors cette semaine, je n’ai pas répondu quand on m’a conseillé d’investir dans un parc. J’ai souri quand j’ai vu notre fille comparée inconsciemment à d’autres enfants, qui sont eux si autonomes et calmes…

Et hier soir, en discutant avec une de mes soeurs, j’ai réalisé qu’au-delà de l’agacement face à ces conseils parfois maladroits, ils me permettent de questionner sans cesse l’accompagnement que je souhaite apporter à Romy dans ses apprentissages. Ils me rappellent aussi je suis immensément fière d’elle. Ma douce tempête qui ne pleure jamais, et qui crie lorsqu’elle n’est pas contente. Ma tendre fougue qui veut tout faire seule, mais refuse catégoriquement de lâcher ma main – alors qu’elle a trouvé son équilibre depuis quelques semaines déjà. Ma lumière vive, qui cherche sans cesse la rencontre, qui ne sait pas encore apprivoiser sa solitude, et qui arpente le monde, les pièces, les rues.

Je suis fière de toi, mon amour, pour tous les manques que tu as dépassés durant ces vacances, et dont nous seules prenons la mesure. Ta nourrice dont tu n’avais jamais été séparée plus de deux jours. Ta tante qui vivait avec nous et qui a pris son envol récemment. Et ta Oumi, qui ne rentre que demain et que tu cherches plusieurs fois par jours.

Je suis fière de toi pour toutes les émotions que tu laisses te traverser, avec tes rires en cascades, tes parenthèses silencieuses quand tu observes l’autre, et tes colères, tes mécontentements, tes sourcils froncés. Tu n’es pas parfaite, tu n’es pas une image lisse et rosée posée dans un coin, et je suis reconnaissante pour ça. Car je t’aime au-delà du regard du monde, je t’aime à fleur de toi, et j’apprends à aimer la mère en devenir que je suis, à travers ton regard si intense.

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