Prêts, feu, partez !

Devenir parents, c’est accueillir un supplément d’âme, et apprendre à tempérer les milles doutes qui vont avec le rôle. C’est, je crois, tenter d’accoucher du meilleur de soi-même, et réussir à se pardonner les emportements passagers, que nos mini-nous oublient souvent bien vite. 

J’ai toujours dit que Romy est une petite fille facile. Mais depuis quelques semaines, nous avons vu poindre dans ses yeux mille obstinations. Elle est têtue, impatiente et nous sollicite beaucoup plus qu’avant. J’ai d’abord mis ça sur le compte de ses premières grandes vacances, et de la perte de ses repères – une nourrice dont elle a été séparée longtemps pour la première fois, et un déménagement éprouvant pour elle qui a encore tant besoin de repères. J’ai ensuite trouvé une explication dans l’apprentissage de la marche : ma douce vive fait le bébé car elle s’apprête à franchir une grande étape, et on sait que ces évolutions sont souvent précédées de petites régressions. Enfin, j’ai assimilé le fait qu’elle a besoin de développer son propre caractère. Elle n’est plus le poupon contemplatif qui réclame seulement tendresse et disponibilité. Elle a une voix, et est sans langue, ce qui semble l’agacer prodigieusement. Elle s’exprime donc fort et souvent, jusqu’à ce que nous comprenions. Autant apprendre à un chat à parler le lémurien. 

Toutes ces explications semblent sans doute simplistes, mais elles m’aident à l’accompagner dans cette période où je la vois parfois chercher des limites et supporter assez mal celles que nous posons. Je m’y accroche, pour ne pas perdre patience, et j’essaye sans cesse de questionner mes réactions premières.

Est-ce vraiment primordial de l’empêcher de machouiller ses chaussures alors que ca l’aide à patienter dans le bus ? Dois-je lui interdir cent fois de toucher aux boîtes  laissées sur l’étagère, ou simplement admettre qu’elle doit pouvoir toucher tout ce qui est à sa portée – et les déplacer ? Faut-il m’obstiner à nettoyer sa place après chaque repas, ou accepter d’adopter ces magnifiques capes en plastique pour ne pas teinter son apprentissage de la cuiller d’une bride inutile ?

Les réponses semblent si évidentes à tête reposée. Parce que devenir parents, passé un an, c’est déjà être dans l’accompagnement. Chercher, patiemment, ce qui est le mieux pour son bien-être, et remiser toutes mes certitudes. 

Et vous, à quel âge ça a commencé ? 

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