À toutes les mères que tu ne seras pas 

Celle qui sait changer une couche d’une main tout en contrôlant les perturbateurs endocriniens sur l’étiquette de l’autre. Celle qui jamais au grand jamais ne regardera son portable en berçant son petit, parce qu’il faut être cohérent madame et se consacrer pleinement à son  enfant sous peine d’entailler son estime de soi. Celle qui irradie de bonheur d’avoir sur le ventre les sillons violacés d’une maternité éprouvante au corps. Celle qui perd tout tout de suite, qui pèse son mini juste assez pour savoir que sa courbe est parfaite. Celle qui n’a pas tremblé aux premières contractions, celle qui va jusqu’au bout sans péridurale parce que notre corps est programmé ainsi. Celle qui t’apprend qu’il faut laisser pleurer un peu pour faire ses cordes vocales, celle qui t’encourage gentiment à ne jamais priver ton bébé de tes bras, celle qui dit l’air de rien que chez elle ils ont tous fait leur nuit sans le moindre problème. Celle qui trouve ça normal que ce soit facile, quand on a mis en place quelques repères de base. Celle qui t’attend avec indulgence à l’autre bout de la ville, parce que ce n’est pas si difficile de faire 45 min de métro quand on a la bonne poussette. Celle qui t’envahit dès les premières heures, de peur de rater la moindre risette. Celle qui est certaine que chaque tonalité de pleurs est un message différent, et qui te dit la main sur l’épaule que tu finiras bien par comprendre ses cris, chacune de nous comprend. Celle qui aime bien ta manière de le bercer, qui trouve ça original. Celle qui retrouve le chemin de sa sensualité avant même deux semaines, et qui confie tout bas que c’est comme le vélo. Celle qui ne voit aucun inconvénient au tête-à-tête forcé des premiès mois, et qui en profite pour faire son bilan de compétences. Celle qui n’a que des « seconde main », mais du Bonton du Jacadi du Bonpoint et du Bobo Choses. Celle qui est toujours au diapason de son mari adoré , et qui s’étonne que l’arrivée d’un enfant puisse être source de déséquilibre. Celle qui faisait encore son footing à 34 semaines d’aménorrhée, et qui claironne que la grossesse n’est pas une maladie. Celle qui aime bien que tu te fasses autant de mauvais sang, et qui te répète avec indulgence qu’elle était pareille.

Ouvre la fenêtre.

Et chasse leur probité bienveillante, leur réussite humble ou leur inquiétude sœur.

Ouvre la fenêtre.

Et débarrasse-toi des mille voix qui ne feront jamais qui t’assigner aux expériences de mille enfants, qui ne sont pas le tien.

Tes doutes, sont les racines d’un amour grandissant. Tes peurs, disent de toi combien tu désires chaleur et sérénité pour votre jeune famille. Ta difficulté à lâcher prise, est à la hauteur du devoir d’être mère que tu te figures.

Mais je te l’écris, mon amie : tu seras la mère parfaite pour ton enfant, la seule vers qui il tournera son regard d’ardoise et celle qui saura dès les premiers instants mobiliser cette patience infinie qui fait de nous des parents. Leurs parents uniques.

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