La fête des parents : avancer d’un pas ?

Au réveil, ensuquées, Romy a porté à Oumi son cadeau de fête des mères : un sac de plage rempli du parfait kit de la parfaite Oumi, pour que la vie continue en rires. Des grosses craies, des pistolets à eau, des bonbons. 
Plus tard, au milieu d’un parc traversé de rires enfantins, j’ai eu droit moi aussi à ma pochette surprise. Et j’ai vu fleurir, toute la journée, mille attentions jolies sur les réseaux sociaux, pour célébrer ces femmes mères.
 
Je n’ai pas pu m’empêcher de songer à cette sacralisation du maternel, qui plonge nos féminités dans une impasse invisible sitôt que l’on s’incarne différemment dans, hors, ou vis à vis de cette invective sociale. 
J’ai songé à cette nuit du destin, où Romy a fait naître la maman en moi. Cette jeune maman hésitante, que toutes celles que je suis ont pris par la main, et accompagnent depuis dans l’apprentissage le plus exigeant que j’ai connu. 
J’ai pensé que j’étais tombée en amour, de mon enfant bien sûr, mais plus que cela, de la maternité. Et j’ai cligné des yeux pour toutes celles pour qui c’est moins évident, pour qui c’est parfois même impossible, celles qui luttent, celles qui n’y arrivent pas, celles qui n’en veulent pas, qui choisissent de ne pas en être, celles qui pleurent et qui portent des deuils, celles qui apprennent, qui grandissent, qui fuient ou qui ont mal à l’âme. 
 
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que ce cadre de la maman épanouie, pour qui tout est facile, est un étau. Et qu’au-delà des petites attentions de nos moitiés un jour par an, on gagnerait beaucoup à aller vers un jour des parents.
 
Plus de liberté, pour toutes les mamans possibles.
Pour les papas qui élèvent seuls leurs oies et qui sont bien en peine quand il faut expliquer aux instituteurs que le collier de pâtes ne leur sera d’aucune utilité.
Pour les familles recomposées dont les belles-mamans, quel que soit le nom qu’elles se choisissent, méritent tout autant leur bouquet de fleurs.
Pour les couples homoparentaux, et ma fille qui sera bientôt chaque année assignée à une fête des pères dont elle non plus, ne fera pas partie.
 
Je ne suis pas bougonne, j’interroge un symbole. Car les symboles façonnent le monde que nous laisserons à nos enfants et je crois, profondément, qu’il est temps que nous les rendions un peu plus légers et représentatifs des mille familles qui font nos sociétés. Ça ne m’a pas empêché de gâter ma moitié, et de souhaiter leurs fêtes aux mamans qui m’entourent. Tout en espérant, un jour, avancer d’un pas. 

Fête des parents

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7 thoughts on “La fête des parents : avancer d’un pas ?

  1. J’ai pensé comme toi à toutes ces femmes qui ne rentrent pas dans cette « case », les belles mamans, celles qui aimeraient bien mais qui ne peuvent pas, celles qui ne veulent pas, celles aussi qui ont perdu leur mère ou leur enfant. Je ne suis pas particulièrement partisane du moment, mais ces petites attentions et timidités de nos petits ont effectivement un charme indéniable le jour J…Certaines maitresses ont la délicatesse de penser à tous les cas de figure, et d’en faire quelque chose de plus général.

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    1. Exactement, c’est aussi une histoire de délicatesse et de bienveillance de penser à toutes les incarnations de la maternité… Merci de tes mots et de ta fidélité toujours !

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  2. Dans l’école de mon fils, ils font 1 seul cadeau, pour la fête des parents… Justement pour parer à toutes éventualités, pour s’adapter à toutes ces familles différentes, à ces schémas qui peuvent sortir de « l’ordinaire » ! Merci pour cet article qui change un peu l’angle de cette fête !

    Bonne journée

    Virginie

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  3. A l’école de mon fils, ils ont aussi opté cette année pour un seul cadeau et je trouve ça très bien. Les schémas peuvent être tellement différents : 2 papas, 2 mamans, un seul parent, une belle maman… (et puis une seule merdouille au lieu de deux, je prends aussi ;-))

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  4. Je suis un peu mitigée sur la fête des parents : je trouve ça primordial à l’école d’inclure toutes les familles sans distinctions, pour toutes les raisons que tu évoques dans une même fête.
    Mais le jour de la fête des mères, où mon mec ne m’offre rien parce que « je ne suis pas sa mère » je suis contente de célébrer ma mère avec un jour à elle, qu’elle partage maintenant avec moi, et je l’espère un jour avec ma sœur. Je dois être encore un peu vieux jeu je crois 😬

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    1. Je suis pareille au fond, Je l’ai fêtée ! Ce qui compte je crois c’est de n’écarter aucun type de famille, mais il n’y a aucun mal à gâter nos mamans et à aimer être gâtées 🙂

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