Parti-pris

Je danse au milieu des miracles
Mille soleils peints sur le sol
Mille amis Mille yeux ou monocles
M’illuminent de leurs regards
Pleurs du pétrole sur la route
Sang perdu depuis les hangars

Je saute ainsi d’un jour à l’autre
Rond polychrome et plus joli
Qu’un paillasson de tir ou l’âtre
Quand la flamme est couleur du vent
Vie ô paisible automobile
Et le joyeux péril de courir au devant

Je brûlerai du feu des phares.

Louis Aragon.
Recueil : Feu de joie (1920).

IMGP7454

Du premier lundi de chaque mois, revenir à cette poésie dorée. Je pense à cette famille dans la tourmente, au tout-petit expirant sans qu’aucun coeur humain ne puisse se rendre à pareille injustice. Je pense à ma jolie nièce S., qui accueille ensemble sa soeur inespérée et son cousin-ange, pour partager la marelle invisible. Je songe aux rais de lumières qu’il nous faut cultiver dans l’aveugle douleur de ce qui est perdu, et de ce qui promet de grandir.
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