J’exigerai une vue

Il arrivera un moment où la verdeur du jour manquera vitalement.
Où ça ne nous suffira plus, rêver des landes et de projeter des ballades le long des marais salants.
Il arrivera un jour, où je ne rirai plus de tes mimiques dans le métro.
De tes petites mains sales des pollutions parisiennes.
Où je voudrai crier que le monde est plus grand.
Que vivre est d’ailleurs, qu’au dehors rampent les marées, et leurs horloges de bruines.
Il arrivera cet instant, où je ne serai plus capable de contenir l’appel de l’océan.
Les frissons intérieurs qui dressent notre duvet, le plaisir exquis des fatigues maritimes.
La palette des bleus aux oranges incendiaires.
La musique entêtante des rouleaux sur tes chevilles. 
 
Moi la fille de l’interstice.
Celle qui a poussé entre les rond-points, dans une maison palace aux tendresses absentes, dans des locations encombrées enfin, entre ville et campagne, entre vouloir être des rues pleines et aimer se cacher dans les squares. 
Moi la grande fille, qui va de marchés et médiathèques, qui collectionne les compteurs à vélo et prend sa fille sur son dos dans tous les métros enterrés.
 
Il arrivera un temps, où j’exigerai une vue.
Une vue sur l’embruns, des murs qui sentent le sable.
Un soleil écrasant ou un soleil caché, un soleil malgré tout pour faire sur l’écume des visages naïfs, et te dire en fin de journées : « Prends tes méduses, on va pique-niquer au bord de l’eau ».
Demain.
Les mères à la mer.
 

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5 commentaires sur “J’exigerai une vue

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