Lettre à la femme que tu seras #2

Ma Romy, mon amour,

Douze mois se sont écoulés depuis la première lettre que je semais ici, comme une bonne résolution à laquelle je devrais me tenir pour toujours. Je n’ai pas toujours su être fidèle aux vœux d’écriture que j’avais formulé pour 2017. Mes convictions ont tangué, je me suis parfois sentie incomprise dans ce que je souhaitais créer ici et dans ce que je ne souhaite pas y divulguer. Écrire nécessite de s’accorder du temps, d’être capable de dire Je. Écrire impose une loi de l’espace et de l’intimité que toute personne passionnée d’écriture connais trop bien : savoir faire passer sa passion, avant les aléas du quotidien, avant les attentes de nos cercles, avant les objectifs que nous fixe la société… Mais j’ai tenté de répondre à ce défi, pour que tu apprennes un jour que pour être totalement disponible pour toi et pour ta maman, il était primordial que je sache d’abord être disponible pour moi. C’est un travail qui ne me quittera jamais, moi qui ait été élevée pour contenter tout le monde.

Que te souhaiter, qu’espérer, qu’avons-nous à construire pour cette année 2018 qui s’annonce déjà sur la pointe des pieds ?

Justement cela mon amour : ose devenir qui tu es.

Cette maxime, je l’ai vu punaisée sur le pêle-mêle de notre salle de bain durant toute mon enfance. Elle trônait fièrement, à côté d’un dessin de mon frère présentant un canard qui semblait serein en surface, mais qui pédalait comme un forcené sous la surface de l’eau. J’ai passé des heures dans cette salle de bain. À compter mes griefs de petite fille, à m’observer sous toutes les coutures, à me cacher de maman pour fumer mes premières cigarettes, à rêver d’amour fou, et essayer de faire de mon visage le visage qui me convenait. J’ai grandi à côté de ce mantra, qui pourrait constituer à lui seul le mode d’emploi de toute une existence.

Ose de venir qui tu es, mon ange, car tu es unique.

Toi seule sais la place que tu pourras occuper dans ce monde. Toi seule ressens les marées d’amour dont tu es capable, et toi seule saura déployer les ailes qui te porteront. Oumi et moi ne sommes que les gardiennes de ton insouciance. Nous te guideront jour après jour, nous sommes parfois capables de te porter droit vers le soleil, et d’autres fois nous trébuchons, nous nous trompons, nous apprenons. Mais de quelques bois que soient faits les ans à venir, tu resteras l’unique architecte de ta vie.

Alors ose, danse, chante, écrit, grandi, rêve, réclame, impose, partage, efface, recommence et n’hésite jamais au moment de devenir qui tu es. Car tu es une merveille. Notre miracle. Je dédierai 2018 à l’immense résolution de tenter de me rencontrer, chaque jour un peu plus, et de te montrer combien il est important de ne pas plier aux craintes et aux mondanités adultes. Être soi, ne peut qu’être le sésame de lendemains heureux.

Je t’aime.

Ta maman.

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4 commentaires sur “Lettre à la femme que tu seras #2

  1. Encore de bien jolis mots pour ta fille… Les aider à devenir eux et pas un semblant de ce que l’on voudrait pour eux est le plus dur combat des parents !

    J’en profite pour vous souhaiter une merveilleuse année 2018, pleine d’amour…

    Virginie

    J'aime

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