Ravenna : le feuilleté de l’eau

On cherchait la plage dorée et spacieuse de Ravenna.
On avait pris le bus, puis la route, puis bravé le brouillard épais.
Purée de pois, aurait dit ma grand-mère.
On cherchait l’évasion avant de nous plonger dans le fourmillement de la vieille ville de Bologne.
Romy collait son nez sur la vitre, et murmurait – elle est où la mer ? »
A la descente, on s’est dit, il est encore tôt, ou, tout le monde travaille.
Des rues désertes dignes de Vanilla Sky, version romaine.
Des façades gelées, quelques pommes de pin éparpillées dans des boules de givre.
La terre contractée, presque courbaturée, qui chuintait sous nos pas.
On a visé la rumeur, pile en direction du nuage épais qui ceinturait les dunes.
On a franchi les quelques arbres et atterri dans un décor de fin du monde.
Une mer retirée, souffreteuse, un sable moulu aux marées translucides.
La solitude à perte de vue, on ne distinguait pas nos doigts en tendant la main.
Le silence sous le craquement des nacres, le feuilleté de l’eau.
Romy époussetait le froid sur ses genoux, et s’interrogeait – elle est où la mer ?
Là, juste derrière l’invisible.
Elle s’est fardée d’hiver.
La mer scintillante, aux allures de lune, avec son janvier hallucinatoire.
On cherchait l’évasion et la douce brise salée.
On lui a dit regarde, c’est aussi ça l’ailleurs.
C’est toujours à peu près différent.
Un appel à la découverte.

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4 commentaires sur “Ravenna : le feuilleté de l’eau

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