Bon vent, le joli lectorat

Tiens, c’est l’été.
Je ne l’ai pas vu venir, avec mes lignes à pianoter et ce cap à tenir. Avec l’enfance à cultiver, les fruits de saison, le féminisme en nourriture, l’été sur toutes les espagnolettes, je me suis laissée surprendre. Vous êtes un peu fautif.ve.s, vous ne m’avez pas rappelée à l’ordre. Il faut dire qu’on s’aperçoit parfois de loin, mais on va rarement au comptoir ensemble. Trop farouche, la faiseuse de mots. Un peu cachée derrière ses réseaux flamboyants.

Flamboyants ?
L’été rime souvent avec bilan. C’est un peu déceptif, ou totalement lunaire, de compter ses échos au nombre de likes. L’idée même de me pencher sur mes statistiques me donne des vertiges. Pour l’angoisse, la respiration galopante, il y a déjà les nuits raccourcies par la chaleur vénitienne. Ici, ailleurs, les tentatives d’écriture, doivent être un espace de liberté, vous n’êtes pas d’accord ?

Ce qui flamboie, c’est cette petite flamme de confiance ou de sororité allumée il y a deux ans, sur un coup de tête, que vous entretenez depuis avec la constance de la bienveillance. J’écris souvent qu’on peut bien ricaner dans mon sillage, peu importent les sceptiques ou les bien-pensants, vous êtes là. Parce que je n’écris pas pour personne, j’écris pour être lue et j’espère sans cesse, outrageusement, que cette occupation déterminante finira par occuper la première place professionnelle de ma vie.

Or, je ne m’en approcherais pas sans vous.

Je ne sais pas si je suis à six mois ou à dix ans de devenir pleinement autrice. Sept jours sur sept, l’espoir suprême. Je ne sais même pas si me mesurer à ce rêve ne finira pas par me tétaniser. Mais je n’ai pas peur d’exister dans mon espoir de l’accomplir, je ne tremble plus d’être celle qui essaye.
Même si toi, souvent, tu grinces une petite remarque sur mon empreinte instagram. Ou même si certain.e.s, en silence, pensez que j’expose trop ce qui n’intéresse personne. Je respecte la différence, on ne peut pas se rejoindre sur tout.
Il y a tant d’autres toi, les vous. Qui scintillez dans la nuit de l’anonymat.

L’été, c’est le moment de vous confesser que vous me faites grandir, avec vos petits mots touchants et votre indulgence. La saison de la reconnaissance, avec du temps disponible et de l’espace pour remplir ma faim de rencontres.
Pour vous dire : merci pour cette année de complicité virtuelle.
Je ne sais pas si vous êtes beaucoup, si vous êtes toujours les mêmes, si vous êtes là pour Romy, pour moi, pour nous, ou pour ma longue-vue féministe. Mais vous êtes là, derrières la saison chaude. Et vous méritez bien une petite trêve.

Alors bon vent, le joli lectorat. Je ferme boutique jusqu’au 15 septembre. Plus un mot, pas même un chuchotis. Ni ici ni ailleurs. Le luxe inouï d’une parenthèse pour regarder le pollen voleter derrière la baie vitrée, et recharger mes batteries de mille ou une photographies d’enfance que je vous enverrai en plein hiver, pour vous rappeler le soleil. J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de ce long silence, on m’a bien dit que le succès ne se cultive qu’à force de posts et de likes. Mais vous comprenez, j’espère les rencontres. J’aime les rencontres. Pas les statistiques.
Je vous donne rendez-vous, chiche ?

Je reviendrai, les poches pleines de mots, et quelques nouveaux projets en guise d’offrande. En attendant, je vous souhaite un été de lumières intérieures. Je vous souhaite de ralentir, de contempler, d’aller vers vous, et qui sait peut-être nous croiserons-nous au détour d’une échappée aoutienne…

Man0umi

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PS : bien sûr, il y a dans toute détox des rechutes avouées. Je n’exlue pas quelques incartades en images, Instagram est là pour ça. je n’ai jamais été du côté des retenues.

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8 commentaires sur “Bon vent, le joli lectorat

  1. Oh oui nous sommes là, je suis là. Pour tes mots, pour toi, pour les rêveries que tu procures, pour cette ailleurs que tu nous donnes au travers de ces lettres emmêlées les unes aux autres. Donne-moi des nouvelles si le coeur t’en dit, sinon, je t’attendrai. Je t’embrasse ♡

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  2. Je crois que tu l’es déjà depuis longtemps, autrice! Tu l’as sans doute toujours été… bon vent et bel été à toi, je serai toujours là à la rentrée!

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  3. Merci merci pour tes mots, qui nous tirent vers d’autres ciels, qui nous emmènent là-haut, loin du tumulte quotidien… Comme une bouffée d’air frais et doux, et pur aussi. Que cela me fait du bien !

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