Lettre à l’amoureuse que j’étais

Je t’ai aperçue, fugitive, dans le dédale du nombre de pas journaliers pour être en bonne santé, et des heures longues remplies d’obligations, pour ne pas te noyer dans le chagrin.
J’ai vue tes bras lourds d’un amour fulgurant, dont tu pressens qu’il sera ton Amour.
Je t’ai sentie chercher ton équilibre sur la corniche du pardon.
Et je t’ai regardée avec tendresse, car même si je ne sais rien des blessures qui sont les tiennes, je vois dans ta résistance la même peur qui m’habitait lorsque j’avais vingt ans. Cette terreur profonde de ne pas être à la hauteur de la rencontre qui change le visage du monde. De ne pas savoir la muer en quelque chose de vivable.
J’ai voulu attraper ta main, mais vous êtes tellement dans ce tourbillon invisible…
Alors je chuchote à l’encre ces mots essentiels.
Tout passe, ma douce. Lorsque l’on grandit, lorsque l’on vieillit, on réalise que devenir est une histoire de mouvement.
Tout passe et seule l’application que tu auras mise à devenir une femme debout, restera.
Tu sais probablement déjà qu’Aimer ne peut être qu’un choix.
On tombe amoureuse comme prise dans une tempête, mais on choisit, à coeur reposé ou dans l’affolement de la passion, de cultiver l’Amour.
Alors on n’est plus prisonnière, alors seulement on survit à ses propres peurs, et l’on peut être vivante, vibrante, dans le regard de l’autre. Il faut parfois partir, il faut souvent guérir.
Puis un jour, la porte s’entrebaille à nouveau sur la possibilité d’une paix. Ta main se love dans la chaleur rassurante de celle de l’autre. Tu n’oublies pas combien il a fallu attendre, tu n’oublies jamais le risque que tu as pris.
Celui de vivre pour toi, celui de te choisir, en attendant que vos routes se rejoignent.
Mais tu réalises que seuls le temps et les vents contraires pouvaient vous rendre à vous-mêmes. Et il faut être deux, pour composer l’Amour. Il faut avoir su s’affranchir de la dépendance, et avoir fait de l’histoire commune un espace assez grand pour que chacun.e puisse s’incarner.
Ma douce, je t’écris d’un âge apaisé pour te dire qu’aujourd’hui, à l’échelle de ta vie, n’est qu’une vague dans la marée.
Applique-toi à ce que l’empreinte soit belle, et ne tremble jamais de tout perdre.
Tu ne peux pas égarer ce qui est au fond de toi.

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