Un ange passe #19

Toujours, repenser à cette phrase que m'a dit une amie un soir d'écriture : "surtout, n'oublie pas de danser". Repenser à cette décharge de vie, elle avait les yeux bleus, elle avait été mère avant d'être femme et quelques années plus tard, elle nous parlait de son rêve si grand, si haut, la danse. Le … Lire la suite Un ange passe #19

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Le grand plongeon

"D'abord un orteil, la main qui ramasse tes cheveux perlés de chlore pour les remettre sous le bonnet, la main qui vérifie que ta tante est bien à portée de sauvetage. Ceux qui ont déjà franchi le camp, s'amusent à bousculer, éclabousser, à faire des vagues autour de l'invincibilité qu'on ressent quand on a enfin compris qu'on ne va pas disparaître."

Petit pays du corps

La sonnerie feutrée des constantes. Celle plus stridente de la machine qui s'emballe. Apnée. Alerte. Le tracé jaune, le tracé vert, le tracé rouge. Les chiffres sibyllins. La pénombre puis les lumières aveuglantes. Les stores qui n'en sont pas. Les rires étranges des soignants juste derrière la porte, qui oublient la retenue nécessaire. Ou qui … Lire la suite Petit pays du corps

Un ange passe #17

Je ne raconterai jamais notre rencontre ici. Je ne peux pas, tes premiers instants doivent t'appartenir. Je parlerai sans doute un jour de cette famille de soignants qui m'a portée, de cette violente compression abdominale manuelle (CAM) qui handicape les femmes, ou encore de mon choix d'avoir été suivie en clinique. Sans doute, le moment … Lire la suite Un ange passe #17

Je te souhaite des dimanches pluvieux

J'ai habité une enfance immobile. J'étais une petite fille coquillage, on aurait pu me ramasser et sous la nacre, entendre les louanges du vent. Longtemps, je regardais la vie battre. J'échouais sur la borne d'incendie au milieu du rond-point d'en bas. Je passais des heures grignotée de soleil, un chapeau de paille sur les tempes, … Lire la suite Je te souhaite des dimanches pluvieux

Comme des tambours dans les mollets

"Ça a un goût de délicieux." Les gens passent, le froid fait ses morsures au bout des doigts rougis. C'est à Bologne, une place comme un musée à ciel ouvert sur un février d'oranges amères. Les jambons sèchent derrières les devantures, les églises chatouillent le ciel. "Ça fait comme des tambours dans les mollets". Il … Lire la suite Comme des tambours dans les mollets

Ravenna : le feuilleté de l’eau

On cherchait la plage dorée et spacieuse de Ravenna. On avait pris le bus, puis la route, puis bravé le brouillard épais. Purée de pois, aurait dit ma grand-mère. On cherchait l'évasion avant de nous plonger dans le fourmillement de la vieille ville de Bologne. Romy collait son nez sur la vitre, et murmurait - … Lire la suite Ravenna : le feuilleté de l’eau

Chaque jour, des révolutions invisibles

Hier soir, entre deux réveils de ma petite, alors que mon corps peinait à fournir les derniers efforts d'endormissement (pour elle) et de liberté (pour moi), je reçois un texto d'une amie. Elle m'envoie la photographie d'un texte trouvé sur Instagram, une maman qui rendait hommage à toutes les mères célibataires, momentanément seules, délibérément parent … Lire la suite Chaque jour, des révolutions invisibles

La grande aventure tintin

Durant huit jours, elle claironnait au bon-vouloir - "moi je vais prendre l'avion comme ma cousine L." Il faut dire que L., toute précoce en grandes conquêtes comme femme se doit, s'était envolée à peine âgée de quelques mois vers sa terre racine. Emmitouflée d'une combinaison blanche, elle avait embrassé la famille d'un rapide coucou … Lire la suite La grande aventure tintin

Un brasier possible

« Pierre dormait à côté », sa voix dans le déluge du robinet ouvert, l'après-midi qui se carapate, les visages apaisés et les familles pressées le long du canal. Assises au bar, roulées en boule sur les banquettes, des femmes comme elle, et la voix du serveur qui dit simplement : « Pierre dormait à … Lire la suite Un brasier possible