Tu es parfaite

Avant, je n'aimais pas beaucoup qu'on me dise que tu es parfaite. J'entendais : bien élevée, sage, jolie, intelligente. Ça sonnait comme une image d'épinal : un brin désuet, et bien plus proche du carcan que des habits virevoltants de l'enfance. Alors je répondais, systématiquement : "Non, elle est elle et c'est déjà exceptionnel." Dans … Lire la suite Tu es parfaite

Publicités

Je t’offrirai des murs porteurs

J'ai rêvé d'un foyer où nous aurions grandi ensemble. Les cercles de cacao sur une table cirée, le banc de noisetier dans la cuisine pour se serrer les uns contre les autres, les couvre-lits damassés et les parties de Monopoly, j'y voyais tout. Nos rires ou nos incartades. Les petits corps serrés en rang d'oignons … Lire la suite Je t’offrirai des murs porteurs

La plus jolie de cette vie

"Et maman, tu me trouves jolie mais pas trop grosse maman ?" A ses mots, je ressens cette angoisse souterraine de l'enfance, de l'adolescence. Le ventre qui se tord, la peur du miroir. Cette crainte chevillée au corps, à tous mes corps, de ne pas ressembler à la féminité acceptable - celle qui dispenserait Romy … Lire la suite La plus jolie de cette vie

Le grand plongeon

"D'abord un orteil, la main qui ramasse tes cheveux perlés de chlore pour les remettre sous le bonnet, la main qui vérifie que ta tante est bien à portée de sauvetage. Ceux qui ont déjà franchi le camp, s'amusent à bousculer, éclabousser, à faire des vagues autour de l'invincibilité qu'on ressent quand on a enfin compris qu'on ne va pas disparaître."

Je te souhaite des dimanches pluvieux

J'ai habité une enfance immobile. J'étais une petite fille coquillage, on aurait pu me ramasser et sous la nacre, entendre les louanges du vent. Longtemps, je regardais la vie battre. J'échouais sur la borne d'incendie au milieu du rond-point d'en bas. Je passais des heures grignotée de soleil, un chapeau de paille sur les tempes, … Lire la suite Je te souhaite des dimanches pluvieux

N’aie jamais peur d’exister

Ce matin je te regardais. Je voyais le monde de demain, le flot de lumière irradier de toi, de ta génération, la promesse d'enfant.e.s parlant toutes les langues du monde, et capables d'en saisir les richesses. Puis j'ai pensé aux meutes d'expert.e.s qui trépignent à nos portes. Ceux qui savent, qui objectent, qui résistent à … Lire la suite N’aie jamais peur d’exister

Par humilité, par devoir, et par amour fou

"Être toi". Sans bagage de féminité imposée. T'encourager à être toi. La maman consciente que je tente d'être, la femme presque délivrée des diktats du monde. Mais pas toujours. Mais jamais pour toujours. Mais plus dans ce que je transmets, que j'ai hérité d'un monde perclus de déterminations masquées. Et surtout pas dans ce costume … Lire la suite Par humilité, par devoir, et par amour fou

Il y avait un phoenix, qui portait le monde

Je la regarde, je cherche dans ses traits l'indice délicat de la femme qu'elle deviendra, et je ne vois souvent que toi. La femme verticale. La femme de l'effondrement et des résurrections. Celle qui m'a dit un jour : "J'ai fait un garçon parce qu'il le fallait. Je l'aime plus que tout. Ensuite j'ai fait … Lire la suite Il y avait un phoenix, qui portait le monde

Lettre à la femme que tu seras #2

Ma Romy, mon amour, Douze mois se sont écoulés depuis la première lettre que je semais ici, comme une bonne résolution à laquelle je devrais me tenir pour toujours. Je n'ai pas toujours su être fidèle aux vœux d'écriture que j'avais formulé pour 2017. Mes convictions ont tangué, je me suis parfois sentie incomprise dans … Lire la suite Lettre à la femme que tu seras #2

Il fait toujours noir puisque c’est la nuit

Ma Romy, ma jolie, Tu t'es réveillée ce matin en t'esclaffant : "J'ai bien dormi, maintenant je veux jouer". Tu as déboulé dans notre lit les cheveux en épis, tu t'es fait de la place à notre place, pour boire ton biberon et raconter les premières joies qui te viennent. J'ai repensé à tous ces … Lire la suite Il fait toujours noir puisque c’est la nuit