Principe de réalité : cache-cache avec la mort

Certains enfants sont protégés longtemps, et ne découvrent la mort qu'une fois en âge d'en comprendre le principe, car ils ont déjà intégré ce qu'est la vie : un coeur qui bat, un corps en mouvement, un être présent et qui échange avec eux. Romy, elle, a très tôt entendu ce mot dans nos conversations, … Lire la suite Principe de réalité : cache-cache avec la mort

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#Résistantes : Suzy, la nuit

"Je viens parce que j’ai vieilli, un peu. Combien d’années déjà ? Tu ne comptes pas sans doute, moi je ne compte plus. Avant oui, mais maintenant, je suis à un âge où l’on s’empêche de compter les jours pour ne pas voir s’éloigner la beauté des révoltes. Je viens te voir. Je te trouve changée. … Lire la suite #Résistantes : Suzy, la nuit

Tu seras primatologue, ma fille

J'écris mille carnets de vents, depuis toujours. Certains se perdent, certains ne trouvent jamais de point final, d'autres resurgissent les soirs d'octobre et m'arrachent, pour un temps, aux torpeurs de mes visionnages quotidiens. Celui-ci, avec son dos craquelé déjà et son faon pailleté en couverture, je l'ai commencé pour elle. A la naissance de notre … Lire la suite Tu seras primatologue, ma fille

Puisque tu es aimée

Si tu ne sais pas quelle porte pousser, mon enfant, essaye les toutes. Les adultes n'ont pas le monopole de la réussite. Ils te font croire qu'un chemin rectiligne est direct. Ils serinent à longueur d'enfance que la vie est faite de choix, et que chaque carrefour que tu prendras déterminera l'étape suivante. Mais les étapes, … Lire la suite Puisque tu es aimée

Tu es parfaite

Avant, je n'aimais pas beaucoup qu'on me dise que tu es parfaite. J'entendais : bien élevée, sage, jolie, intelligente. Ça sonnait comme une image d'épinal : un brin désuet, et bien plus proche du carcan que des habits virevoltants de l'enfance. Alors je répondais, systématiquement : "Non, elle est elle et c'est déjà exceptionnel." Dans … Lire la suite Tu es parfaite

Je t’offrirai des murs porteurs

J'ai rêvé d'un foyer où nous aurions grandi ensemble. Les cercles de cacao sur une table cirée, le banc de noisetier dans la cuisine pour se serrer les uns contre les autres, les couvre-lits damassés et les parties de Monopoly, j'y voyais tout. Nos rires ou nos incartades. Les petits corps serrés en rang d'oignons … Lire la suite Je t’offrirai des murs porteurs

N’aie jamais peur d’exister

Ce matin je te regardais. Je voyais le monde de demain, le flot de lumière irradier de toi, de ta génération, la promesse d'enfant.e.s parlant toutes les langues du monde, et capables d'en saisir les richesses. Puis j'ai pensé aux meutes d'expert.e.s qui trépignent à nos portes. Ceux qui savent, qui objectent, qui résistent à … Lire la suite N’aie jamais peur d’exister

Il y avait un phoenix, qui portait le monde

Je la regarde, je cherche dans ses traits l'indice délicat de la femme qu'elle deviendra, et je ne vois souvent que toi. La femme verticale. La femme de l'effondrement et des résurrections. Celle qui m'a dit un jour : "J'ai fait un garçon parce qu'il le fallait. Je l'aime plus que tout. Ensuite j'ai fait … Lire la suite Il y avait un phoenix, qui portait le monde

Lettre à la femme que tu seras #2

Ma Romy, mon amour, Douze mois se sont écoulés depuis la première lettre que je semais ici, comme une bonne résolution à laquelle je devrais me tenir pour toujours. Je n'ai pas toujours su être fidèle aux vœux d'écriture que j'avais formulé pour 2017. Mes convictions ont tangué, je me suis parfois sentie incomprise dans … Lire la suite Lettre à la femme que tu seras #2