Tu es parfaite

Avant, je n'aimais pas beaucoup qu'on me dise que tu es parfaite. J'entendais : bien élevée, sage, jolie, intelligente. Ça sonnait comme une image d'épinal : un brin désuet, et bien plus proche du carcan que des habits virevoltants de l'enfance. Alors je répondais, systématiquement : "Non, elle est elle et c'est déjà exceptionnel." Dans … Lire la suite Tu es parfaite

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Mai 68 : souviens-toi de demain

"SOYONS RÉALISTES, DEMANDONS L’IMPOSSIBLE" En 1968, je ne sais pas si j'aurais été du côté des hardi·e·s. Les homosexuel·le·s n'existaient pas en tant que catégorie politique, ils·elles faisaient l'objet d'une condamnation pénale et les femmes, certaines femmes, se battaient avant tout pour le droit à disposer d'elles-mêmes - peu importait avec qui. Aurais-je brûlé mon … Lire la suite Mai 68 : souviens-toi de demain

Les reines du monde réel

Avant hier, je découvrais sur Instagram une vague prise de conscience, suite au millième article pointant du doigt les comptes léchés des mères shivas, qui possèdent tout, ont des enfants parfaits et semblent réussir sans le moindre effort le jonglage quotidien auquel vous et moi nous mesurons sans likes. La blogosphère et les réseaux sociaux faisaient … Lire la suite Les reines du monde réel

Je t’offrirai des murs porteurs

J'ai rêvé d'un foyer où nous aurions grandi ensemble. Les cercles de cacao sur une table cirée, le banc de noisetier dans la cuisine pour se serrer les uns contre les autres, les couvre-lits damassés et les parties de Monopoly, j'y voyais tout. Nos rires ou nos incartades. Les petits corps serrés en rang d'oignons … Lire la suite Je t’offrirai des murs porteurs

Celle qui tremble à l’intérieur

Ces derniers mois, j'ai traversé une tempête immense. Je ne sais pas comment en parler ici, mettre des mots revient à dévoyer ses propres sentiments parfois. J'ai traversé une tempête qui porte plusieurs prénoms, et qui s'appelle : devenir adulte. Je me croyais grande, jusqu'à la naissance de Romy. Je me voyais arrivée, grâce à … Lire la suite Celle qui tremble à l’intérieur

Le grand plongeon

"D'abord un orteil, la main qui ramasse tes cheveux perlés de chlore pour les remettre sous le bonnet, la main qui vérifie que ta tante est bien à portée de sauvetage. Ceux qui ont déjà franchi le camp, s'amusent à bousculer, éclabousser, à faire des vagues autour de l'invincibilité qu'on ressent quand on a enfin compris qu'on ne va pas disparaître."

Petit pays du corps

La sonnerie feutrée des constantes. Celle plus stridente de la machine qui s'emballe. Apnée. Alerte. Le tracé jaune, le tracé vert, le tracé rouge. Les chiffres sibyllins. La pénombre puis les lumières aveuglantes. Les stores qui n'en sont pas. Les rires étranges des soignants juste derrière la porte, qui oublient la retenue nécessaire. Ou qui … Lire la suite Petit pays du corps

LES CENT LANGAGES DE L’ENFANT

L’enfant est un multiple de cent. L’enfant a une centaine de langages, une centaine de mains, une centaine de pensées, une centaine de façons de réfléchir, de jouer, de parler. Une centaine toujours une centaine de façons d’écouter, de s’émerveiller, d’aimer une centaine de joies à chanter et comprendre une centaine d’univers à découvrir une … Lire la suite LES CENT LANGAGES DE L’ENFANT

Je te souhaite des dimanches pluvieux

J'ai habité une enfance immobile. J'étais une petite fille coquillage, on aurait pu me ramasser et sous la nacre, entendre les louanges du vent. Longtemps, je regardais la vie battre. J'échouais sur la borne d'incendie au milieu du rond-point d'en bas. Je passais des heures grignotée de soleil, un chapeau de paille sur les tempes, … Lire la suite Je te souhaite des dimanches pluvieux