Ravenna : le feuilleté de l’eau

On cherchait la plage dorée et spacieuse de Ravenna. On avait pris le bus, puis la route, puis bravé le brouillard épais. Purée de pois, aurait dit ma grand-mère. On cherchait l'évasion avant de nous plonger dans le fourmillement de la vieille ville de Bologne. Romy collait son nez sur la vitre, et murmurait - … Lire la suite Ravenna : le feuilleté de l’eau

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Par humilité, par devoir, et par amour fou

"Être toi". Sans bagage de féminité imposée. T'encourager à être toi. La maman consciente que je tente d'être, la femme presque délivrée des diktats du monde. Mais pas toujours. Mais jamais pour toujours. Mais plus dans ce que je transmets, que j'ai hérité d'un monde perclus de déterminations masquées. Et surtout pas dans ce costume … Lire la suite Par humilité, par devoir, et par amour fou

Un brasier possible

« Pierre dormait à côté », sa voix dans le déluge du robinet ouvert, l'après-midi qui se carapate, les visages apaisés et les familles pressées le long du canal. Assises au bar, roulées en boule sur les banquettes, des femmes comme elle, et la voix du serveur qui dit simplement : « Pierre dormait à … Lire la suite Un brasier possible

Les ailes, souvent, ont des oiseaux

C'était mars, c'était un soir à de lumière rampante dans l'agence photo où je travaille. J'avais fini, je regardais mes emails avant de plonger les lieux dans le noir. C'était mars, ses vents violents et ses pluies irisées, ses bruines qui n'osent presque pas exister. Je n'étais pas pressée, je n'étais pas encore maman. La … Lire la suite Les ailes, souvent, ont des oiseaux

Mon île déserte

Sur mon île déserte, je viendrais m'étendre parfois quand la journée est longue. Je fermerais les écoutilles, et boucherais la vue des faiseurs de miracles. Pour reposer mon corps fatigué d'entreprendre, je ferais son empreinte dans le sable chaud de la solitude. Capable de silence, à l'ombre des palmiers, armée de mes stylos, toutes mes … Lire la suite Mon île déserte

Nous nous soignons, Madame

Nous ne sommes pas des mamans qui donnent la main, mais nous nous soignons, Madame. Nous faisons voler la minie par dessus les flaques et les rebords des trottoirs. Nous lui demandons de tenir l'arceau de sa poussette quand la foule gronde. Nous la lâchons hilare sur les chemins forestiers aux mille obstacles. Et nous … Lire la suite Nous nous soignons, Madame

Carnet de voyage : Polignano a Mare, la belle

Mars 2017. Puglia, mio amore.   On avait laissé Romy à sa tante adorée, la porte s'était fermée sur mon coeur brouillon de son visage du réveil, que je n'aurai pas vu. C'est difficile d'expliquer qu'il nous faut partir, être ensemble être deux, être lovées l'une contre l'autre sans elle, et que dès les premiers instants … Lire la suite Carnet de voyage : Polignano a Mare, la belle

Chapelet de gratitudes

Dimanche, dans le train qui nous ramenait de notre parenthèse lyonnaise, Romy a dessiné un oiseau-gribouilli sur sa main et m'a dit : "Rega'de maman, il vole, ly colombe". Lundi, j'ai été gâtée par une amie qui vidait sa garde-robe. Depuis, je mets chaque jour un vêtement neuf grâce à elle. Mardi, nous avons essuyé … Lire la suite Chapelet de gratitudes