La pie

« Hé maman, tu sais, et bah moi, et bah moi, et bah moi z’y demandé un bonbon au monsieur de la boulanzerie il m’a tout donné, ze lui ai dit « libéréeeeee, délivréeeeee, ze ne reviendraiiiiii plus jamaissssss ». Et bah moi, aussi, j’ai pas gardé du bonbon pour A., parce que si je va à la piscine avec cousine L. et tonton J. et Khala et aussi peut-être Granny et bah à la piscine c’y interdit le bonbon alors peut-être que z’emmènerai A. à la piscine aussi comme ça elle sera pas triste de pas avoir de bonbon. Mais elle aura pas de carries tu sais, parce que ze va lui montrer les carries c’y pas bien et les bonbons ça fait mal au bedon. T’as mal au bedon maman ? Et après on est tout cra-cra de la bouche aussi, et alors, et alors, on dit merci au boulanger comme ça il dit – ouhlalaaa elle est polie cyte petite fille madameeeeee.
En fait maman – tu m’écoutes maman ?, en fait moi, tu sais, z’ai un maillot de bain avec des glaces, c’es mon maillot glaces que A. elle a pas le même mais je peux pas lui prêter parce qu’elle va manger tous les glaces. Et après le bedon fera bobo et faudra boire de l’eau au sucre et ça, bah nonnnnnn, elle a son maillot A. Tu sais quelle couleur il est maman ? Dis ? Tu sais ? Surement il a des glaces aussi mais d’une autre couleur, moi mon bonbon il était zaune et il piquait la langue. Ze lui ai pas fais de bisou, je l’ai mangé maman.
Khala, aussi elle a dit on va au Maroc, avec Tatit T., et tonton J., et Bapman, et Pompom, et aussi V. et la licorne j’y fait en pâte pas sel. Si u veux tu peux venir maman ! Tu veux ? Pourquoi t’y veux venir maman ? Donne-moi ton téléphone, ze va appeler Oumi pour savoir pourquoi elle travaille. Après le Maroc, elle travaillera plus. Libérée, délivréeeeeeeee. S’il-te-plaît maman !
Elle est où ma jupe qui tourne ? Celle avec une glace que tu m’as fait toi-même? Mamannnnnnnn ? Tu m’écoutes maman, sinon je te partage pas le bonbon ! Et toi tu pourras pas dire ze suis polie, c’y dommage. Bah oui, c’y dommage parce que au Maroc, on ira tous ensemble maman. Et on s’aimera gros comme un baobab maman, tu sais le gros arbre. Allez viens on va chercher Oumi au travail, on se dépêche on va rater le bus. Cours maman, tu vas pas l’attraper ! »

Extrait : un matin comme un autre. 

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